Ce que nous avons trouvé en vérifiant 23 de nos articles et 7 d'autres sites

2 novembre 2026 · mis à jour le 3 novembre 2026 10 min de lecture Ahmed EL JAOUARI

Je dirige FunInformatique, un site tech francophone, depuis plus de 15 ans. Il compte plus de 2 000 articles et a dépassé le million de visites mensuelles à son apogée. Quand les mises à jour principales de Google ont commencé à faire baisser notre trafic, la question était simple : lesquels de ces articles disent encore des choses vraies ?

C'est pour y répondre que nous avons créé EEATClean. Avant de le proposer à qui que ce soit, nous l'avons testé de deux façons. D'abord sur des pages d'autres sites, dans d'autres secteurs et d'autres langues, avec le moteur de base. Puis sur nos propres articles, avec la version actuelle, construite à partir de lui. Voici les deux résultats, avec les exemples et les limites.

Les chiffres clés

  • 23 de nos articles, 367 affirmations relevées, 70 corrections : de 1 à 7 par article, 3 pour un article typique.
  • Chaque article avait besoin d'au moins une correction. Aucun n'était à supprimer.
  • Une erreur sur quatre seulement (24 %) venait d'un changement survenu après la rédaction.
  • 62 des 68 corrections qui demandaient une source sont prouvées par la page officielle du fabricant ou de l'organisme public concerné.
  • Sur 7 pages de 6 autres sites (voyage, marketing, support logiciel, fintech, formation, événementiel), les pages anciennes se trompaient parce que le monde avait changé, les récentes à cause d'affirmations fausses ou excessives dès le départ.
  • Le scan gratuit, testé par nous sur 3 articles de 2013 d'un autre site tech, a relevé un outil abandonné depuis 2017 et une étape du registre qui supprimerait trop de choses. Pour le premier vrai utilisateur, sur le guide de son propre logiciel : 3 corrections, toutes prouvées par les pages de l'éditeur lui-même.

Notre méthode

Nos propres articles. 23 tutoriels et guides de FunInformatique : Windows, iPhone, Android, Linux, comptes Facebook, sécurité, arnaques téléphoniques et outils d'IA. Nous les avons choisis pour tester le moteur : ce n'est donc pas un échantillon tiré au hasard. Chacun a été analysé entre le 6 et le 29 octobre 2026, et nous avons gardé la dernière analyse de chaque article.

D'autres sites. Les 27 et 28 septembre 2026, un compte pilote a fait tourner deux fois le moteur de base sur les 7 mêmes pages de 6 sites : deux guides de voyage en espagnol écrits en 2012, un article d'agence SEO et un guide de réparation Outlook publiés tous deux en 2026, un billet d'une fintech, la page d'un organisme de formation et la page d'un salon tech. Nous ne nommons pas ces sites : ce qui compte, c'est le type d'erreur, pas l'éditeur.

Pour chaque article, le moteur relève les affirmations sur lesquelles le lecteur s'appuie, cherche des sources à jour sur le web et ne publie une correction que si une source la prouve. Sur nos articles, une seconde vérification a écarté 15 corrections proposées avant le rapport, parce que la preuve était trop faible ou que la correction allait au-delà de ce que disait l'article. Nous avons ensuite lu chaque correction et l'avons classée à la main dans l'une de quatre familles.

Constat 1 : une erreur sur quatre seulement tenait au temps

Quand on parle de contenu obsolète, on pense aux anciens prix et aux anciens numéros de version. Dans nos 23 articles, ils étaient minoritaires :

Type d'erreur Corrections Exemples tirés de nos articles
Faux dès le départ23 (33 %)L'indicatif +269 attribué à Mayotte (c'est celui des Comores ; Mayotte est en +262). « Lite Linux » au lieu de Linux Lite. Un classement DistroWatch présenté comme des téléchargements, alors qu'il compte des visites de pages.
Trop catégorique21 (30 %)« Un VPN empêche le sniffing sur les Wi-Fi publics ». « L'effacement à distance supprime toutes les données », alors que Google précise que celles d'une carte SD peuvent subsister. Le chiffre d'une étude sur des deepfakes de haute qualité présenté comme le taux de toutes les vidéos IA.
Changé depuis la publication17 (24 %)Flash encore cité parmi les logiciels à tenir à jour. Pop!_OS décrit avec GNOME, alors que la version 24.04 utilise COSMIC. Une application recommandée sous un nom qu'elle ne porte plus.
Étape manquante ou fausse9 (13 %)Google Takeout présélectionne toutes vos données : il faut les désélectionner avant de choisir Gmail. Deux façons différentes d'ouvrir un outil Windows mélangées dans une seule procédure.

La leçon pour quiconque audite un site : trier ses articles par date ne trouve qu'un quart des problèmes. Trois erreurs sur quatre étaient dans le texte dès le premier jour, ou venaient d'une phrase qui promettait plus que les faits ne le permettent. Un article récent n'est pas un article vérifié.

Constat 2 : l'âge change le type d'erreur, pas leur présence

Les pages d'autres sites l'ont rendu visible, parce que leurs âges étaient très différents.

  • Les deux guides de voyage de 2012 avaient 6 corrections, dont 4 portaient sur des choses qui avaient changé : le musée du 11-Septembre, décrit en construction, est ouvert depuis mai 2014 ; le pass de visite dont le guide expliquait la réservation n'est plus nécessaire pour la place du mémorial ; l'outil de livres de Wikipédia ne télécharge plus une collection entière en PDF. Une cinquième correction n'avait rien à voir avec l'âge : les arbres de la place sont des chênes bicolores (« swamp white oaks »), pas des chênes blancs de Californie, comme l'indique le site du mémorial.
  • Les deux articles de 2026, sur le SEO et sur la réparation des fichiers Outlook, avaient aussi 6 corrections, mais 4 étaient des phrases trop catégoriques : la Search Console « donnerait les requêtes exactes » des internautes (Google en masque une partie pour protéger la vie privée), la publicité payante « cesse de produire des résultats dès que le budget est mis en pause », et une FAQ répondait « non » à la question d'une perte de données après réparation. Une seule portait sur un changement : les étapes Outlook valaient pour Outlook classique, pas pour le nouvel Outlook.

L'autre passage sur les mêmes pages a donné la même image : ses 3 corrections sur les guides de 2012 portaient toutes sur des changements, tandis que 4 de ses 5 corrections sur les articles de 2026 étaient des erreurs présentes dès le premier jour, comme des chemins de fichiers Windows sans le nom d'utilisateur, ou un taux de conclusion de 2012 comparé à un chiffre issu d'une autre mesure.

Une page ancienne a donc surtout besoin que ses faits soient remis à jour, et une page récente que ses affirmations et ses promesses soient vérifiées. Les deux doivent être lues.

Constat 3 : les erreurs dangereuses n'étaient pas les plus anciennes

Le moteur a classé 14 corrections de nos articles comme graves : un lecteur qui suit l'article peut y perdre de l'argent, des données ou sa sécurité. 4 seulement venaient d'un changement dans le temps ; 5 étaient des affirmations trop catégoriques, 4 des erreurs dès le départ et 1 une étape. Quelques exemples :

  • Argent : un essai d'Acrobat Pro annoncé à 30 jours, qu'Adobe indique désormais à 7 jours. Un lecteur qui compte sur 30 jours sera facturé au bout de 7.
  • Sécurité : Flash Player dans une liste de logiciels à tenir à jour. Adobe ne le met plus à jour ; le bon conseil est de le désinstaller.
  • Données : un article sur un logiciel d'investigation conseillait de l'installer sur l'ordinateur à examiner. L'éditeur explique comment le lancer depuis une clé USB, pour ne pas écraser les données que l'on cherche à récupérer.
  • Vie privée : un article pour retrouver le propriétaire d'un numéro proposait encore de chercher ce numéro sur Facebook, une fonction désactivée par Facebook en 2018.

Si vous n'avez le temps de vérifier qu'une partie de votre site, commencez par les phrases qui donnent des consignes touchant à l'argent, à la sécurité, à la santé ou au droit, quelle que soit leur date.

Constat 4 : les mots absolus sont un signal d'alerte

Près d'un tiers des corrections de nos articles, et la plupart de celles des pages récentes d'autres sites, portaient sur des phrases qui n'étaient pas vraiment fausses, mais présentaient comme une règle ce que la source décrit comme une possibilité. Les mots étaient toujours les mêmes : toujours, jamais, n'importe quel ordinateur, exact, sans risque, définitivement, automatiquement.

  • « La version USB fonctionne sur n'importe quel ordinateur » : elle demande une version compatible de Windows.
  • « Ces outils suppriment définitivement les applications préinstallées » : sans accès root, ils ne font que les désinstaller pour l'utilisateur.
  • « On peut localiser n'importe quel iPhone depuis iCloud » : seulement si Localiser était activé avant la perte.
  • « Un mot de passe doit avoir au moins 12 caractères et des caractères spéciaux » : la CNIL indique qu'il n'existe pas de définition universelle d'un bon mot de passe.

Ce type d'erreur se repère facilement soi-même. Cherchez ces mots dans vos articles et vérifiez chaque phrase dans la documentation officielle. Souvent, il suffit d'ajouter une condition : « avec une version compatible de Windows », « si Localiser était activé ».

Constat 5 : la preuve est presque toujours la page officielle

Sur les 68 corrections de nos articles qui demandaient une source (les deux autres portaient sur des dates écrites dans le texte), 62 sont prouvées par le fabricant du produit ou l'organisme public concerné : les pages d'assistance d'Apple, de Google et de Microsoft, Adobe, l'aide de Facebook, l'Arcep, la CNIL, les projets Debian et Linux Mint, ou la page du développeur.

C'est aussi ce que nous constatons quand nous corrigeons à la main : la réponse à « est-ce encore vrai ? » se trouve rarement dans un autre blog, qui peut être tout aussi dépassé. Elle est dans la documentation de celui qui contrôle ce que vous décrivez.

Ce qu'une vérification sérieuse ne fait pas

Certains résultats du pilote ont compté autant que les corrections.

  • Elle ne réécrit pas l'histoire. Les guides de voyage de 2012 racontent un voyage fait en 2012. Les rapports ont gardé ce récit tel quel, et n'ont corrigé que les consignes pratiques qu'un voyageur suivrait aujourd'hui, comme réserver un pass qui n'est plus nécessaire. Ils ont aussi refusé d'affirmer que l'export EPUB avait disparu, faute de source pour le prouver.
  • Elle n'invente pas de problème. Le billet de la fintech, publié en juin 2026, a été jugé toujours exact : à conserver, aucune correction. Dans l'autre passage, quand les sources trouvées ne permettaient pas de trancher ses affirmations sur les habitudes de paiement de plusieurs pays, le rapport a listé ce qui restait à prouver au lieu de deviner.
  • Elle n'analyse pas ce qu'elle ne peut pas lire. La page du salon tech renvoyait une erreur : rien n'a été analysé et aucun verdict n'a été inventé.

Une vérification qui sait dire « c'est toujours juste » ou « je n'ai pas pu le prouver » vaut mieux qu'une vérification qui trouve toujours quelque chose. Sur la page de l'organisme de formation, la seule correction ne portait même pas sur un fait : un paragraphe annonçant les services informatiques d'une autre entreprise avait été collé dans une page consacrée à Scrum.

Le scan gratuit : notre propre test, puis un premier vrai utilisateur

Avant d'envoyer le scan gratuit à qui que ce soit, nous l'avons lancé nous-mêmes depuis un compte ordinaire, sur quatre articles : un des nôtres, compté plus haut, et trois tutoriels publiés en 2013 sur un autre site tech francophone, que nous ne nommons pas non plus. Sur ces trois articles, les rapports ont fait 8 corrections, dont :

  • un outil de nettoyage encore présenté comme celui à utiliser, alors que sa page de téléchargement indique qu'il n'est plus pris en charge depuis octobre 2017 ;
  • des étapes de mise à jour et de restauration d'un logiciel de pilotes qui passent par des boutons et des onglets que son éditeur ne décrit plus ;
  • une astuce du registre qui fait créer une valeur, puis dit de supprimer « la clé » pour revenir en arrière, ce qui effacerait aussi les autres réglages rangés dans cette clé ;
  • la même astuce présentée comme une protection contre les attaques, alors que le guide de sécurité qui décrit ce réglage précise qu'il masque seulement l'ordinateur dans la liste du réseau, et que d'autres méthodes permettent de le repérer.

Sur ces pages de 2013, comme sur les guides de voyage de 2012, la première chose à corriger était ce qui avait changé : un outil qui n'est plus maintenu, une interface qui n'est plus la même. Nous n'avons pas encore relu ces 8 corrections une par une : elles ne comptent donc pas parmi les erreurs confirmées citées plus bas.

Puis, le 2 novembre 2026, un éditeur de logiciel inscrit après l'un de nos emails a lancé une analyse gratuite sur le guide de démarrage de son propre produit, publié sur son propre site. Nous ne le nommons pas : le résultat lui appartient.

Le rapport a trouvé trois erreurs, toutes prouvées par les pages de l'éditeur lui-même : une fonction présentée comme réservée aux clients payants, alors que la version gratuite l'inclut ; des fonctions attribuées à la version payante en général, alors qu'elles demandent deux formules supérieures précises ; et un nom de produit mal orthographié. Rien d'autre n'a été signalé.

Ce cas résume ce que nous avons vu partout. Personne ne connaît mieux un produit que l'entreprise qui le fabrique, et pourtant son propre guide ne correspondait pas à ses propres pages de tarifs et de documentation. Un lecteur qui suivait le guide pouvait payer une formule qui n'inclut pas ce dont il a besoin, ou payer pour une fonction gratuite. La preuve était à un clic, sur le même site.

Ce que nous avons fait des résultats

Le premier article corrigé a été notre guide sur les arnaques au ping call. Le rapport y a trouvé trois erreurs, que nous avons confirmées : le numéro qui appelle n'est pas toujours surtaxé, les numéros spéciaux français ne sont pas tous surtaxés (l'Arcep distingue numéros gratuits, non surtaxés et surtaxés), et le +269 correspond aux Comores, pas à Mayotte. Nous avons corrigé l'article dans la nuit, et le 7 octobre 2026 l'analyse du nouveau texte a donné le verdict à conserver. Trois semaines plus tard, une version plus récente du moteur a donné le même verdict, comme pour notre guide de sauvegarde Gmail après ses corrections.

C'est la boucle que nous suivons désormais sur FunInformatique : analyser, vérifier la preuve, corriger, analyser de nouveau.

Les limites de ce test

  • Ce sont de petits échantillons, choisis par nous : 23 articles d'un seul site tech francophone, 7 pages d'autres sites dans le pilote, et 4 scans gratuits. Un autre site, un autre sujet ou une autre langue peuvent donner une autre répartition.
  • Le moteur ne vérifie pas tout. Dans nos articles, il a vérifié 205 des 313 affirmations importantes (65 %). L'absence de correction sur un point ne prouve pas que ce point est juste.
  • Il peut manquer des erreurs. Nous avons confirmé 7 erreurs à la main dans trois de nos articles ; les rapports en ont trouvé 5. Les deux manquées étaient des définitions de notre article sur les malwares. Sur deux des pages d'autres sites, le moteur de base a trouvé 4 des 7 erreurs que nous avons validées ensuite, sur ses deux passages. C'est pour cela que le moteur a continué d'évoluer en octobre (versions 7.6 à 7.18), et que nous gardons chaque cas pour tester chaque nouvelle version.
  • Le pilote utilisait le moteur de base, avec plusieurs réglages successifs ; nos articles ont été analysés avec la version actuelle, construite à partir de lui. Les scans gratuits utilisaient aussi la version actuelle. Les séries sont présentées séparément, sans être additionnées.

C'est aussi pour cela qu'EEATClean ne modifie jamais un site. Il vous donne l'affirmation, la source et la correction proposée. C'est vous qui décidez.

Comment l'appliquer à votre site

  1. Ne vous arrêtez pas à la date. Servez-vous des dates et de la Search Console pour choisir les pages à vérifier en premier, puis lisez ce que dit la page. Notre guide pour trouver le contenu obsolète explique toute la méthode.
  2. Adaptez la vérification à l'âge de la page : sur une page ancienne, cherchez ce qui a changé ; sur une page récente, cherchez les promesses que les sources ne font pas.
  3. Commencez par ce qui peut coûter au lecteur : prix, essais gratuits, réglages de sécurité, démarches juridiques, tout ce qui supprime ou installe quelque chose.
  4. Cherchez les mots absolus et ajoutez les conditions données par la source.
  5. Refaites chaque procédure avec la page d'aide de l'éditeur, étape par étape.
  6. Corrigez plutôt que supprimer. Aucun de nos 23 articles n'était à supprimer. Voir que faire d'un article obsolète pour les cas où la suppression est le bon choix.

Sources

Faites la même vérification sur vos articles

EEATClean relève les affirmations de chaque article choisi, les vérifie auprès de sources à jour et vous montre chaque correction avec sa preuve. L'essai de 7 jours couvre vos 3 premiers articles.

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Ahmed EL JAOUARI

Ahmed EL JAOUARI

Ingénieur en systèmes d'information & Fondateur de FunInformatique

Ingénieur en systèmes d'information et fondateur de FunInformatique, un site tech francophone qu'il dirige depuis plus de 15 ans et qui a dépassé le million de visites mensuelles à son apogée. Quand les mises à jour de Google ont touché son propre trafic, il a conçu EEATClean pour vérifier ses plus de 2 000 articles auprès de sources à jour, puis l'a ouvert aux autres éditeurs.

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